LANDSBERG
Situation
Commune de Heiligenstein, canton de Barr, arrondissement de Sélestat, Bas-Rhin.


Accès
A partir de Barr, prendre la direction du Mont Sainte-Odile par la route départementale 854, à l'embranchement avec la route départementale 109, prendre cette dernière. Parking à une centaine de mètres. Un chemin balisé Club Vosgien mène au château en quelques minutes. Peut se coupler avec les visites de Haut-Andlau et Spesbourg. Visite libre.
Carte Michelin 315 - Pli I 6
Carte Club Vosgien : Mont Sainte-Odile, Pli F 12.

 
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Bref historique
Implantés solidement à Obernai (voir Birkenfels, Kagenfels) les Hohenstaufen sont les avoués, protecteurs de l'abbaye de Hohenbourg-Mont Sainte Odile. Les ministériels de l'abbaye sont au service de l'empereur. Ainsi, il en va des Landsberg.
Vers 1198-1199, les Staufen poussent leurs vassaux à ériger des forteresses sur des terres dont ils ne sont pas propriétaires. (En 1200, l'abbesse de Sainte-Odile consent à leur vendre la parcelle de terre sur laquelle est construit le château).
En 1230-1232, les Landsberg changent de camp et entrent au service de l'évêché de Strasbourg. C'est ainsi qu'en 1262 ils se battent aux côtés de l'évêque Walter de Geroldseck en lutte avec la ville de Strasbourg. Ils sont fait prisonniers.
En 1322, les sires de Landsberg et Siegfried d'Oberkirch s'allient à la ville de Strasbourg et mettent leur château et la ville de Niedernai à la disposition de l'évêque.
En 1413, le chevalier Ottemann de Landsberg cède la moitié du château au comte palatin, Louis le Barbu. et en 1414, Jean de Landsberg lui cède l'autre moitié. Le palatin est seul maître de la forteresse.
Vers 1456, le palatin engage le château de Landsberg et la seigneurie de Barr à Jean d'Uttenheim et à Henri Beger. A cette époque la forteresse est en mauvais état.
En 1464, une chapelain est attaché à la chapelle castrale.
En 1504, Maximilien d'Autriche (Habsbourg) met la main sur Landsberg.
Il est fort probable que Landsberg ait été détruit lors de la guerre de trente ans.
La Société pour la Conservation des Monuments Historiques y éffectue des travaux de dégagement et de consolidation, ces dernières années sous la direction du Dr Guy Bronner, président de l'association.


Dessin de Christophe Carmona
christophecarmona.com

Visite
Le château est protégé de trois côtés par l'abrupt de la pente, sur le quatrième côté, un large fossé a été creusé et renforcé par le donjon carré dont une arrête est orientée du côté de l'attaque, servant de "bouclier" aux bâtiments érigés en enfilade. Ce dispositif est nouveau en Alsace et préfigure les donjons pentagonaux (Bernstein, Ortenbourg).
En arrivant au château, nous pénétrons sur une vaste esplanade, la basse cour. Le tracé en est encore bien visible. De là, nous avons une vue "d'ensemble",
* au nord-ouest : l'extension avec ses deux tours rondes (13° et 14° siècle). 
 * au sud-est : l'extension des 15° et 16° siècles.
* la partie médiane comprenant le donjon et les logis des 12° et 13° siècles.


La partie médiane
Une rampe d'accès nous mène, par la face nord-est, au château primitif. Le donjon protège le palais construit en enfilade derrière lui. Un très belle façade s'offre à nous. Tout d'abord la chapelle et la porte d'accès au logis. Le choeur de la chapelle, construite en "oriel" (son rôle : protection symbolique de l'entrée) est décalée par rapport à la porte, permettant ainsi une défense plus efficace de celle ci (à voir au dessus de la porte les corbeaux soutenant une bretêche). De part et d'autre de l'oriel se trouvent des baies doubles, en plein cintre.
Ce dispositif est précédé d'une tribune permettant au seigneur de rendre la justice (dispositif assez répendu à la fin du 12° siècle et au début du 13° siècle).
Pénétrons dans le palas et retournons nous. Les doubles baies (déja vues de l'extérieur) nous présentent de belles banquettes à niches et surtout des collonettes sculptées. Sur sa face nord, nous remarquons, au rez de chaussée, des fentes d'éclairage. 
L'étage de ce bâtiment montre un certain raffinement : Face sud-est, l'oriel et les deux doubles fenêtres, face nord, d'élégantes fenêtres en plein cintre. Le mur sud n'éxiste plus.
Le chemin de ronde semble avoir suivi la muraille protégée par un parrapet crénelé. Y avait il un hourdage ? Hourdage qui se trouvait au niveau du donjon.

                  

  

L'agrandissement nord ouest
Construit vers la fin du 13° siècle, cet agrandissement constitue une rupture avec les conceptions du passé, tout en concervant un noyau roman. Son innovation consiste en un flanquement de deux deux tours rondes à trois étages. Cet agrandissement sera défendu par plusieurs archères à niche. Un couronnement en hourdage s'y trouvait Cet agrandissement avait également fonction de logement.

                        

L'agrandissement sud-est
Sa courtine sud-ouest s'est écroulée. C'est sur cette courtine que devait se trouver l'entrée principale et initiale du château. Rien de particulier n'est à signaler sur cette partie du Landsberg, sauf, dans l'angle sud-est une très belle catonnière à volets.



Un grand coup de gueule :
envers les parents d'enfants, ou envers les adultes eux mêmes, qui, pour leur "plaisir personnel", et au détriment du respect des autres visiteurs et surtout  envers nos aïeux qui ont érigé ces monument, se permettent, ou laissent permettre, l'escalade des ruines (cf photo ci-dessus : les parents assis dans le palas regardent, et rigolent, lorsque leur progéniture escalade les murs, au détriment de leur sécurité). Que l'on ne l'on s'étonne plus que ces mémorables monuments soient, à l'avenir, interdit au public.... (par exemple Hohnack, Haut-Rhin : un visiteur aventureux tombe de la courtine, le Maire ,responsable de la ruine,... il en est responsable selon la loi, donc la municipalité et les "vrais visiteurs" doivent payer... somme toute pour une négligence avérée du visiteur....). Ainsi, en Alsace, plusieurs châteaux sont fermés à la visite et cela, toujours par la négligence, le non respect des règles établies, ou, je dirais un m'en-foutisme complet, cela est dommageable aux véritables "visiteurs". respectueux de l'histoire, de leurs aïeux, des règles établies (somme toutes normale)... Mais bon, passons, c'est la mentalité de notre siècle "Chacun pour soi et merde aux autres"...

Monographie :
BRONNER Guy, SALCH Charles-Laurent
Le château de Landsberg
Centre d'Etude des châteaux-forts - Strasbourg 1991

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